Et oui, après avoir passé juin, juillet, août, septembre et début octobre en t-shirt, l’été est bien fini.
Le temps pourri de Vancouver que me promet tous ses habitants est enfin là.

D’une manière assez symbolique, avec une semaine de pluie qui a balayé toutes les traces de l’été, pour laisser place à du gris et surtout à une chute des températures. On tourne autour de 10 degrés, rien de méchant. Je rappel encore une fois qu’à Vancouver ça ne descend jamais dans le négatif même en plein hiver.

Il y a 2 côtés positifs à ce temps.

Un, je vais pouvoir enfin utiliser des vêtements plus variés. Car j’ai apporté beaucoup plus de vêtements chauds que de vêtements légers, ne pensant avoir que 2 mois d’été grand grand max !

Deux, il commence à neiger sur les montagnes proches de Vancouver, et c’est vraiment génial de voir les sommets enneigés 🙂

Sinon toujours dishwasher à Earls sur Robson street.
Le pire jour est samedi soir. Trop trop de monde, je suis sur le fil en permanence, à jongler entre les tâches qui peuvent attendre et celles qui ne le peuvent pas, mais plus tu fais traîner plus ces premières s’accumulent et plus c’est la merde, et plus c’est difficile de tenir le rythme, et plus tu pètes un plomb !

On finit vers 2h du mat’ les samedis, et depuis 15 jours j’ai droit à une petite bière de réconfort !
La première fois ce fut un de mes collègues qui est venu me filer discrètement une canette. On se serait cru dans le film Les Evadés, avec des passe-droits entre le bar et la cuisine, comme entre l’extérieur et l’intérieur d’une prison. Une fois la bière entre les mains, il faut encore verser le précieux liquide dans un verre en métal pour ne pas pouvoir voir à travers, et ainsi siffloter sa petite blonde en toute clandestinité !

La deuxième fois là c’était plus qu’officiel, chaque cuisinier étant attendu à la fin de son service pour une petite mousse au bar, avec le reste du personnel encore présent. Et bien c’est bien agréable croyez-moi à 2h du mat’ et après en avoir bavé durant 8h.

Par contre pas de bière à mon nouveau boulot.
Non, plutôt un renvois. Première fois que je me fais virer de ma vie, ça c’est fait et acté !

Petit retour en arrière.

Ne bossant qu’en soirée, je cherchais un petit boulot pour faire quelques heures en journée.
Après 3 entretiens, je suis pris à Hubbub, une petite sandwicherie sur Hornby street.

J’y ai postulé pour caissier, mais c’est une anglaise qui aura ce poste. Moi je serai dans la partie cuisine (enfin c’est un grand open space, il n’y a pas de mur), à faire de la plonge, à aller chercher les ingrédients pour les cuisiniers et à faire un peu de cuisine, en fin de service quand c’est plus calme. Mes horaires étant 11h30/15h30.

Je voyais bien que ça ne collait pas trop avec un des 2 gérants (les 2 étant en cuisine). Mon dernier jour de boulot là bas, je l’avais surpris entrain de parler avec l’autre gérant, se plaignant du fait que s’ils embauchent quelqu’un, c’est pour aller plus vite, et ne pas perdre de temps.

Car moi évidemment, lorsqu’ils me demandaient d’aller chercher tel ou tel produit dans la réserve, il fallait qu’ils me montrent le plus souvent ce que c’était, car on apprend pas à l’école comment ça s’appelle en anglais un choux, une salade, une courgette, des crevettes, etc…

J’aurais juste eu besoin de quelques semaines pour apprendre tous ces nouveaux mots.
Mais en fait ce n’est pas le premier motif de rupture de contrat.

Car j’ai vu qu’ils ont reposté une annonce de job, mais à ma grande surprise ils ne demandaient toujours pas quelqu’un de bilingue, mais cette fois ci ils cherchaient un cuisinier avec 1 an d’expérience. Or que pour l’annonce où j’avais postulé aucune expérience n’était nécessaire.

J’étais un totale novice pour la manipulation des couteaux, donc j’allais assez lentement, à plus forte raison lorsque tu te sers d’outils et qu’on te dit de faire attention, qu’il est très facile de se couper avec. Ca ne met pas particulièrement en confiance…

Je n’ai donc bossé au final que 5 jours, recevant un email dimanche dernier, et me signifiant de façon très habile (ou hypocrite c’est selon), qu’après une réunion entre eux, ils ne pourront plus me donner de shifts (temps de travail). A aucun moment ils oseront utiliser « fired », et à aucun moment ils ne me donnent d’explication du pourquoi de leur décision.

Donc bon, je leur ai simplement répondu « ok i have to move on », n’ayant de toute façon pas ressenti d’ondes positives comme je peux le ressentir à Earls, où malgré le boulot de chien, l’ambiance est bonne.

J’ai au moins bien été payé pour mes 5 jours, et je sais maintenant comment utiliser un couteau de cuisine. Bien sur pas rapidement, mais j’ai le geste dorénavant. C’est vraiment une très délicate vague, qui va d’avant vers l’arrière. Bien exécuté c’est beau à voir, je vous jure !

En parlant de vague, j’ai pu en voir une, humaine, au Pacific Coliseum pour mon premier match de hockey.

J’y étais avec quelques français, c’est toujours sympa de pouvoir se retrouver. Ce n’était pas de la NHL, car ils sont encore en lockout. J’espère que ça se terminera avant que je quitte Vancouver.

Donc pas de Canucks de Vancouver, mais les Giants de Vancouver, dans un championnat junior, qui prépare les prochaines star du NHL de demain. C’est donc du très haut niveau.

Je n’avais vu que peu de match de hockey à la télé par le passé, sans vraiment accrocher car le palet est vraiment trop petit, et l’action allant vraiment trop vite ça rend le jeu illisible.

Mais sur place, ce n’est pas du tout le cas ! Ca va très très vite, mais on arrive à suivre, j’ai donc passé un bon moment, et si l’occasion se représente j’y retournerais avec plaisir.

Ligue inférieure peut être, mais on reste en Amérique du Nord, les bagarres entre joueurs sont donc tolérées. C’est assez marrant au début, mais à la longue ça fatigue un peu. Il y en a eu pas loin de 6 durant le match, et on se demande un moment si ce n’est pas du catch, car s’ils se foutteraient vraiment sur la gueule y’aurait sûrement moins de bagarre et plus de blessés. Là parfois ça peut paraître violent mais au final les joueurs reprennent leur poste juste après (enfin après être passé en prison quelques minutes).

Les Giants recevaient les Thunderbirds de Seattle, on a donc eu droit avant le match à l’hymne Américain et Canadien. La grande classe quoi. Le patriotisme ils savent y faire ici.

Halloween approche, les commerçants jouent le jeu en faisant un peu de décoration, même si je m’attendais à un peu plus. Samedi soir c’est la date que pas mal de personne ont pris pour le fêter. Moi malheureusement je bosse ce soir là. Ce qui sera marrant par contre ça sera de passer sur Granville street durant mon trajet retour à mon appart, et de croiser tous les gens costumés qui seront sûrement dans un triste état !

C’est aussi un côté que j’aime bien de mon job. Je vois Vancouver de nuit, et comme toutes les villes j’adore ça. Tout est calme, quasiment pas un chat, on se croirait dans une autre dimension, au milieu de toutes ces rues carrés et ces immenses buildings sans vie, juste posés là au milieu de l’obscurité, où la lune est reine.

Sauf arrivé sur…Granville street ! Une des rues festives de Vancouver. Sur toute la rue, des boites de nuits, des pubs, des sex shop, sdf, etc…

Une rue chaude de Vancouver ?
Mouais pas vraiment pour quiconque ayant déjà vécu dans le XVIIIe arrondissement de Paris !

Ici on se sent pas vraiment en danger. Il y a des excités, des illuminés, des fêtards, mais jamais rien de menaçant. On ne se sent pas obligé de raser les murs comme dans certaines rues parisiennes passé une certaine heure.

De plus les vendredis et samedis soir on se sent d’autant moins en danger que la police boucle le quartier ! C’est assez hallucinant. C’est à l’américaine. Une rue peut poser un problème de sécurité ? Et bien on la boucle !

Ainsi ces 2 soirs toutes les intersections de Granville street sont bouchées, surveillées par la police, cette dernière faisant aussi des rondes sur la rue. Et comme dirais mon frère, ici ils n’ont pas un vieux pétard à 6 coups…

Bref, l’hiver arrive, les pistes m’appellent… J’espère pouvoir profiter le plus possible de mes derniers mois à Vancouver, et repartir vite en vadrouille !

 

PS : jetez vous aussi sur le dernier album de Saez. C’est un peu comme Deftones, je suis rarement déçu par ses sorties. J’ai pas encore pu parcourir les 3CD mais il y a encore du très bon, comme « Les Meurtrières ». Et pour ses détracteurs, je citerais un commentaire d’une personne, où je n’aurais pas dis mieux : “Le fils caché de Jacques Brel ? Il a le même génie, la même sensibilité, on écoute trois notes, on entend sa voix et déjà on est touché au plus profond de nous-même […], plus je le découvre et plus je l’aime…et ceux qui disent que c’est noir et déprimant, et ben moi je trouve ça beau et profond, juste une question de sensibilité peut-être…Chante mon gars, chante, tu fais reculer le noir…“.

 

PS2 : quelques photos de Vancouver.